08 novembre 2009
Un port, une nuit...
Longs silences langoureux, clapotis le long
d’un quai, un soir d’été.
Je laisse tomber mon armure, cette lourde
carapace de faux-semblants…
La nuit tiède colle à ma chemise… L’orage
rode dans ma rage épuisée.
Des femmes m’appellent, m’offrent leur
désespoir comme miroir…
Lente solitude désemparée… Et je glisse…
Femmes faciles des ports, femmes étrangères,
Rêves fragiles caressés de fièvres amères, vos corps,
L’espace d’une nuit de plaisir et de silences épais.
Flottent les aigreurs du tabac, les alcools forts, la sueur des marées.
Qui suis-je abandonné dans ce lit défait, sur cette chaise d’osier ?
Je ronge ma vie, grignotent mon absence, dans leurs bras besogneux.
Elles piègent ma misère d’un petit coup de rien,
Un geste mesuré, va et vient sensuel, corps à corps efficace…
Se meurent les cœurs, s’affalent les corps
Quand leurs mains glissent sur mes blancs matins.
S’effilochent mes chagrins, les heures pâles, ma malchance...
Ô femmes dociles des ports !
La valse de vos hanches, la danse de vos bouches...
Nos corps qui vibrent mécaniquement dans
La lumière qui se traîne sur le sol sale…
Des draps éclaboussés, des corps retournés dans le bleu,
Belle histoire banale, bancale de ma vie peu farouche...
Longs silences ruineux, oubli le long d’un
quai, un désespoir d’été.
J’ai laissé tomber mon armure, cette fourbe
carapace de beaux semblants…
La nuit tiède a perdu ma chemise… L’orage sur
mon corps nu, épuisé.
Les femmes sont parties, abandonnant la nuit
rêche sur le trottoir…
Et ma silhouette sous le halo diaphane de l’éphémère réverbère !
04 novembre 2009
Sur le chemin...
Magistrale et paisible pour saluer les pas du promeneur abandonnant ses songes dans l’ombre fraîche…
Plus bas, la Vienne coule, dans des lumières rousses, sans un bruit.
Chinon est assoupi, engourdi, de l’autre coté des platanes gigantesques, à l’age respectable.
Un banc nous tend ses bras, et nous y reposons nos cœurs…
Nous y prolongeons nos bavardages futiles mais si précieux à nos vies…
Sur les bords de la rivière, je frémis de cet amour qui nous habille.
03 novembre 2009
Ils...
Où vont-ils ces sombres voyageurs hors du temps ?
Qui sont-ils ces enfants, ces hommes différents ?
Ils sont nus, toujours bronzés, sentent la fumée ;
Ils sont ici, partout, sans vraiment exister…
…
sans jamais s’arrêter…
Ils taisent des rêves sous leur ciel étoilé ;
Font chanter des voix au-delà de l’horizon,
La tête, aux yeux clos, blottie sur l’oreiller…
Alors nous enfermons nos peurs dans les maisons !
…
ils ne vont pas rester…
Nos vies sont bousculées, leurs gestes désolés.
Ils s’agitent bien trop même en étant absents,
Épient nos silences, groupés près des flambées.
Dans le bleu de nos nuits, nous dormons frissonnants…
…
sans jamais s’arrêter !
Une froide frayeur vient nous envelopper ;
Une fourbe angoisse, lourde mais inutile,
Masque leurs jeux, rires d’enfants, moments futiles,
Roulant dans nos prairies toujours trop lisses l’été…
… ils ne vont pas rester !
02 novembre 2009
Le grand jeu
L'automne nous sort le grand jeu.
Pluie battante et je suis abattu.
Vent puissant et je suis endormi, la tête contre la vitre, à boire ce noir, pleurer de cette eau qui ruisselle de mes yeux sombres...
Oh mon Amour, que sont devenus ces beaux jours?
Ta robe lumineuse, dorée et souple, saura-t-elle chasser ces aigreurs?
J'attends notre nuit pour me rassurer dans l'encre claire de tes parfums, poser ma tête juste à coté du cœur du monde, et rire enfin du mépris du temps...
31 octobre 2009
Souvenirs de Gironde...
Impressions...
Le jour est jeu d’ombres,
Jeu
de vents gris.
La
nuit joue l’automne
Et
l’horizon s’enfuit...
La
Gironde s’abandonne
Dans
l’ocre et le silence.
Sur
l’onde glisse, en vol de patience,
Des
papillons aux couleurs tendres,
Bateaux
ivres et blancs
Aux
filets aériens,
Pêchant
face au courant.
Voici que resurgissent les marines lueurs...
L’amour
est feu sombre,
Feu
dévorant la vie.
La
pluie nous étonne
Et
les saisons s’oublient.
Le
vieux monde frissonne:
C’est
l’époque des absences,
Loin
des envols forts d’indolence.
Des
papillons aux saveurs cendres
Ont
emporté avec eux,
Déjà
beaucoup trop loin,
L’aimé,
sous d’autres cieux.
Voici que refleurissent les ultimes demeures...
(Écrit sur les bords de l'estuaire, 1 novembre 1998)
27 octobre 2009
Écrire des mots;
Décrire le beau;
Souffrir de maux;
Découvrir l'idiot...
Fraîcheur ensoleillée
Pendant que se dessinent les dernières fraîcheurs des beaux jours, le jardin s'assoupit dans ses draps de soleil...
Tout se transcende, tout est bal endiablé, et l'horizon s'offre des volutes folles et évanescentes...
Les jaunes, les ocres, les mauves sont là, encore en éveil mais déjà songeurs...
J'aime ces moments, indécis et légers, quand les murmures de l'air sont un appel audacieux pour la nuit qui va nous emporter bientôt.
Je le devine dans tes yeux, ton rire... le départ résonne dans ton cœur... en une musique, une fête!
25 octobre 2009
Bourgueil au seuil de l'automne...

L'automne, en belle Andalouse sulfureuse, a décidé de parfumer ces jupons
d'odeurs de champignons, d'abandons...
Insoumise et lumineuse, elle papillonne, carillonne, dans le vent
Son chant!
Les rayons du soleil se faufilent entre les épaisseurs de la toile
Végétale, illuminent l'après-midi...
Un chemin, puis un autre, tout aussi élégant.
Ton rire, chaud, gorgé de d'éclats sucrés,
Le jour qui, petit à petit, décline...
Notre pas qui s'allonge,
Ta main qui se glisse au creux de la mienne,
Le calme, le silence...
Puis ces mots roux qui n'appartiennent qu'à nous...
L'automne à Bourgueil, décidément, est bien doux...
24 octobre 2009
Jimmy Garrett à Savonnières...
Un bal country, des rires, des danses, un vrai moment de gaité partagée....
Un après-midi de pluie, bien à l'abri...
Un bonne musique, un accueil convivial...
Puis The visite inattendue:
Jimmy Garrett soi même... pour trois chansons, accompagné de sa simple guitare...
Un grand moment...
Jimmy Garrett...
Merci pour ta gentillesse et ta disponibilité...
22 octobre 2009
Ce matin
Ce matin la pluie est belle, rebelle.
Sa lumière caresse ton visage, contourne tes yeux clairs, ruisselle jusqu’à tes lèvres.
Ton sourire dessine une moue inattendue…
L’air se fait frais, assez sauvage pour donner à l’aube la couleur sucrée du bonheur partagé…
Ta moue devient rebelle, ton visage sauvage, le jour inattendu…
Le ciel cérusé soulève ses dentelles humides qui s’égouttent sur la colline, les vignes, le petit jour.
La pluie ruisselle sur notre parapluie à la toile tendue.
Je plonge mes lèvres dans ton cou, y dépose un baiser libre…
J’emporte en mon cœur le délicat parfum de ta peau vanille.
Tu vibres !
Ce matin la pluie est magique…




















