Poète...
Un poète est un monde enfermé dans un homme
Victor Hugo
Dans mon jardin, l'hiver.
Voyage de dentelles au coeur de l'hiver, du jardin. Un matin qui le saisit, le surprend dans son réveil... Le jour l'enveloppe d'une cape blanche... légère comme une bulle de glace.
Le chant des oiseaux est bleu. La brume si fine ne pèse pas sur leurs épaules. Leur vol est aussi joueur que les autres matins. Leurs jeux, autour des mangeoires, nous amusent toujours autant.
Le temps passe, ils en sont l'image.
Dame nature nous charme. La mousse, coiffée d'aiguilles minuscules, agite dans nos coeurs l'âme de l'enfant qui sommeille au fond de notre mémoire.
Chanque sentier s'habille de fraicheur magique... Je sens mes pas coupables de briser le décor étonnant que ce 27 janvier nous offre.
Les rayons de soleil déchirent la cime des sapins... Il est temps de penser à rentrer...
Rêve d'Ouessant
Les landes sont rêches, le vent est austère. Pourtant, dans ce monde où personne ne vient dormir, il traîne dans le bruit des remous de l'océan tout proche, une trace d'amour, une invite délicieuse à la découverte...
Le temps s'est posé sur le chemin que nos pas songeurs foulent avec la discrétion gourmande d'une soif de solitude.
Tu ris dans le vent, tu souris sous le soleil pâle... tellement sauvage!
Nous portons dans nos mains des tonnes de promesses chaudes.
Le monde d'ici, souvenir d'un lointain périple pourtant si proche, nous a appris le sens profond d'être ensemble, contre vents et marées, solides de l'amour qui fait battre nos coeurs.
Toujours le velours tendre de ta peau sous mes baisers doux...
Une pause
Une pause nécessaire pour d'autres activités:
La mise en ligne d'un site pour notre association de danse country...
Ça prend du temps, mais j'espère revenir bientôt.
Une idée?!?
Rien n'est plus dangeureux qu'une idée quand on en a qu'une.
Paul Claudel
Les fées.
Dehors, par une nuit froide, des rêves se sont assis sur le bord du trottoir, au pied d'un réverbère solitaire...
Dans le scintillement chaleureux du jet de lumière, c'est toute la force du jour qui sombrait dans un sommeil élégant, profond et dérisoire.
La pluie, dernière invitée du moment, se mit à secouer le bleu d'encre du jardin de vibrations joyeuses, une musique entêtante... Dans la trame musicale, nos oreilles enchantées devinaient sans peine la belle histoire des fées. Nous pensions négligemment qu'elles nous avaient oubliés. Peut être même qu'il n'en existait plus, ou bien qu'elles ne jouaient plus de musique, qu'elles avaient abandonné notre jardin. Bref qu'elles s'étaient échappées de nos mémoires sans crier gare.
Nous nous étions trompés, mon Amour et moi.
Les fées sont toujours là, petites lucioles généreuses, aguicheuses voire moqueuses, mais magiques. La nuit peut bien leur appartenir. Elles peuvent improviser un orchestre. Elles sont chez elles dans notre jardin.
Les voisins pourront chercher qui meuble la nuit froide de si belles étincelles. Ils ne savent pas. Ils ne voient pas. Le rêve est partout, tout proche de nous... il faut simplement ouvrir les yeux, tendre les oreilles... notre âme d'enfant est aux aguets!
Le Café Français de Chinon
Une table, du Café Français, au teint sombre. Un baiser offert dans une haleine de femme mal aimée…
Des bruits de corps fatigués glissent dans l’obscurité d’une bière brune comme les tourbières d’Irlande…
Des rires flous fusent, joyeux, festifs, exagérés, au beau milieu d’un monde étranger où se faufile le choc des pintes aux ventres ronds. Elles ondulent du bord des lèvres au bord des âmes.
Ma table s’enflamme et la femme ferme ses yeux, les épaules nues, le visage fuyant. Des bavardages étranges, des bousculades insaisissables autour de guéridons mouvants, voilà le décor fauve d’un lieu insolite. Quelle rencontre !
Dehors, bien vite, la nuit fait son lit de draps bleus, de couvertures de brume. La Vienne transpire au pied des quais et le vent se fait discret, soulève le jupon affolé d’une muse incertaine.
J’aime ces nuits qui font bouger les mains, croiser des regards, rapprocher les corps,. J’aime la vie la nuit. J’y rencontre des rêves que je peux toucher du bout des doigts.
Des pas légers sur le sable de mes soupirs. Je reviens vers toi.
Dès que s’éteignent les réverbères, ma nuit s’oublie au creux de tes bras rassurants.
Grenouille
Drôle d'intrusion dans le jardin...
Une grenouille borgne, accroupie avec un air jovial, moqueur...
Un pot perdu, pas pourri mais égaré, qui semble attendre un fou rire inattendu.
Posée là, un matin lointain, elle se repose jusqu'à demain...
Je suis mon chemin, incertain de ce que toucherons mes deux mains au lever du jour coquin. Bien malin le devin qui dort au jardin...
Mort de Gilles Jacquier, reporter, en Syrie
J'aurai voulu ce soir écrire des mots d'amour au doux parfum de velours... Mais la vie nous brise souvent...
Ce soir, c'est la démocratie qui est en deuil. Le président Syrien qui fait l'autiste avec son peuple, qui l'assassine avec sauvagerie, est responsable de la mort de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants.
Les journalistes qui font leur travail dans des conditions périlleuses, paient un lourd tribu. Aujourd'hui, il est Français. Ce n'est pas pour ça que je suis révolté. Ce qui me révolte, c'est mon impuissance à soulager ceux qui ce soir pleurent un des leurs. Mais aussi, ceux qui chaque jour, portent en terre un combattant pour libérer la Syrie des tyrans qui l'asservissent.
J'espère qu'un jour tous les pays soumis à la dictature verront un soleil de liberté se lever...
Ce n'est pas dans mes habitudes de faire part de mes états d'âme, mais la folie emporte le monde. Si mes mots sont futiles au moins il me soulagent pour une soir, un soir seulement.
Evident!
Si votre ennemi est grand, c'est que vous êtes à genou.


















