fracasse 2017 afficheLe soir vient à point, gris bleu, sauvage.
Le vent prend les nuages en otage.

L’heure est calme. La nuit se teinte d’envies.

L’estrade, assoupie devant nous, est plantée dans un décor de pierres chaude, façade de tuffeau encore tiède des bavardages de l’après-midi.
Les chaises s’offrent au public épars d’abord, clairsemé ensuite. Finalement, tous les sièges finissent par être garni d’un spectateur en soif de découverte. Toujours un peu les même têtes. Une foule d’habitués cherchant le bonheur en ouvrant une fenêtre sur le différent.
Commencent les murmures fébriles. Puis, au fil de l’attente, ils se font plus sonores. C’est une mer vivante qui remonte vers la terre en caressant le sable de son écume crème et pétillante.
L’impatience se forge dans les mots lâchés à demi-sourire, d’une bouche colorée à une oreille soumise. L’excitation est mesurée. Elle comble le silence frémissant de la soirée.


Le rideau noir tremble.
Les trois coups.


L’estrade s’éclaire. Les voix envahissent le vide que le public touchait du bout des doigts.
Les yeux se laissent emporter dans le monde de l’improbable.


Capitaine Fracasse !
Théophile Gautier.


Magie d’une mise en scène originale.
Comédiens au jeu léger mais juste.

Et le voyage commence.

fracasse 2017

Quel bonheur !

Bourgueil, 11 juillet 2017...